Archives de mars 2010
Le pommier de Saint-Vincent-de-Paul
Dimanche 7 mars 2010

(Derrière le presbytère, à North Bay, On.)

Derrière un paquet d'arbres Deux fois plus gros que lui,
Un pommier rabougri, À l'aspect misérable
Façonnait ses bons fruits.

Alors je lui ai dit: "Comment veux-tu produire,
Écrasé de bosquets? Laisse-moi les détruire
Et te laisser en paix."

Il m'arrêta, surpris:
"Laisse-moi mes amis!

Ces arbres me protègent Contre le froid, la neige;
Tout l'hiver quand je dors, Bloquent le vent du nord;

Quand le printemps s'éveille Et que s'ouvrent mes fleurs,
Ils permettent aux abeilles De butiner sans peur.

Et au cœur de l'été, Protègent mes fruits verts
De tout regard pervers Qui pourraient m’envier.

À l'automne avancé, Parce que protégé,
J'offre un fruit sans pareil Tout rougi de soleil."

Quelle méditation Sur la miséricorde!
Quelle invitation Pour que tous, on s’accorde:

Pour nous, les bénévoles!
Quand le bien et le bon
Autour de nous décollent;
Ne pas les écraser,
Mais permettre leur vol
Jusqu’à maturité.



-Lionel-M. DesGroseillers s.m.m.



L’Amour est miséricorde, prodigue.
Dimanche 14 mars 2010

Quand tu es allé à la confesse,
est-ce que le prêtre t’a dit :
« Je suis content que tu sois venu!
Tu sais, ton Père t’attendait pour te serrer près de Son cœur.
Tu es pardonné!
Tu es propre, propre, propre!
Tu es Son fils bien-aimé.
Ton retour Lui fait plaisir, une joie profonde.
Entre dans la joie de ton Père!
Il y a de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui accueille le pardon plus que pour 99 justes qui pensent n’en pas avoir besoin.»

Si l’on savait l’importance de la réconciliation d’un fils avec son Père!
On courrait à la confesse.
Par le péché, nous salissons notre vêtement de fils de Dieu.
Lui, n’a jamais perdu Sa tendresse, Son AMOUR de Père.
Il nous attend.
Il ne peut exiger notre amour; mais Il a hâte de nous combler du Sien :
Il EST le Père PRODIGUE.

Dans la parabole (Luc 15, 1-32),
le cadet part joyeux, les mains pleines.
Son père le regarde aller avec peine, le cœur brisé.
Quand le jeune revient en haillon, sale, sentant l’odeur de la porcherie,
le père court au-devant de lui,
se souille littéralement,
se rend impur en l’amenant, de ses grands bras,
contre son cœur, pour l’embrasser.

« Mon fils! Va vite te laver!
Mets-toi des vêtements neufs,
trouve-toi une bonne paire de chaussures!
Reprends, dans le coffre-fort, ton anneau de famille! Parfume-toi! Viens à la fête!
La table sera prête! »


Il est sorti aussi pour accueillir son aîné,
jaloux de tant d’attention.
« Viens-t-en donc!
Tu sais bien que tout ce qui est à moi est à toi.
Il faut fêter!
Car ton frère que voilà était mort;
il est revenu, il est ressuscité!
Entre dans la joie de ton père! »

Dans cette histoire de Jésus, qui suis-je?
Le cadet prêt à tout dépenser?
L’aîné jaloux de la bonté de ses parents?
Le Père, toujours prêt à pardonner?
La mère invisible, contente de son homme, inquiète de son grand qui hésite à rentrer;
mais heureuse de retrouver l’enfant qu’elle a nourri?

Quand est-ce que j’irai à la confesse me retrouver net,
en paix, dans le cœur et l’amour de mon Père?


Lionel-M. DesGroseillers s.m.m.



ÔTE LE PARAVENT QUI TE CACHE À TOI-MÊME
Dimanche 21 mars 2010

Une femme est surprise en délit d'adultère.
On ne la juge pas, on ignore son nom,
On ne s'occupe pas de trouver le garçon:
On dit venger la Loi!
- Qu'on lui lance des pierres!

Jésus se penche aussi;
mais avec son caillou
Se met à dessiner dessus le sable mou :
"Le plus grand jour de Dieu
n'est pas jour de vengeance,
Mais celui du pardon, de la bonne conscience".


Les pharisiens étaient de bons Israélites,
Ils brûlaient, disaient-ils, de la plus sainte flamme ;
C’est au nom de la Loi,
sans s’admettre hypocrites,
Qu’ils voulaient, de sang-froid,
massacrer cette femme !

« Tu te sers de la Loi comme d’un paravent,
Leur écrivit Jésus ;
C’est pas le droit qui tue,
C’est toi qui la condamnes
et sur elle te rues,
C’est toi le responsable
et c’est toi le violant ! »


Chacun s'en va chez soi,
honteux d'être un tueur
Sauf la femme enfin libre,
et en paix dans son cœur.

-"Nul ne t'a condamnée?"
-"Eh bien non! Mon Seigneur".
- "Va donc! Ne pêche plus!
Choisis mieux ton bonheur!"


Lorsque, dans notre vie,
arrive un désaccord,
Nous avons, nous aussi, la même tentation :
Menacer en colère et tout jeter dehors.

La leçon de Jésus ?
Même si l’autre a tort
(À plus forte raison si l’autre avait raison)
LA PERSONNE D’ABORD, l’écoute et le pardon.



- Lionel-M. DesGroseillers s.m.m.



LA SEMAINE SAINTE
Dimanche 28 mars 2010

Centre liturgique de notre foi,
expression de l’amour de Dieu.

Le dimanche des Rameaux veut exprimer
à quel point notre réponse humaine à l’amour de Dieu
peut être versatile.

D’abord une fête à Jésus inimaginable.
De Béthanie, où Il vient de ressusciter Son ami Lazare,
Il descend le mont des Oliviers sur un âne,
comme un roi,
précédé de Ses apôtres et d’une foule qui crie :
Fils de David! Messie! Bienfaiteur!
Et la semaine se poursuit par son martyre
dans un incompréhensible revirement de cette population,
un abandon des autorités juives et romaines
jusqu’à l’infâme crucifixion,
le dénuement complet,
le reniement
et la fuite de ses plus intimes compagnons.

Hélas! Ce n’est pas de l’histoire ancienne.
Le Québec officiel
vit un rejet brutal, lâche et inhumain de sa propre culture et son histoire sainte.
D’abord le sacre :
ce qu’on a de plus précieux et de plus cher à l’église,
on le traîne sur la place publique, les cinémas et les théâtres, jusqu’au cœur des conversations les plus courantes.
Suit l’abandon du dimanche.
L’argent et le profit commandent plus fort que l’esprit familial et la rencontre fraternelle à l’église.
La sagesse deux fois millénaire de la Bible
ne dirige plus la pensée et les mœurs.
On se vend pour vingt dollars et on achète le plaisir à prix fort.

Le Jeudi Saint rappelle l’importance de l’eucharistie
dans notre vie laïque :
La plus grande expression de l’amour
est de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Le Vendredi Saint rappelle les souffrances et la mort de Jésus sur la croix.
Il s’est laissé clouer pour nous rendre libres et saints.
C’est nous qui le massacrons par nos refus et notre indifférence.
Dans sa miséricorde,
il lance encore l’émouvante médiation :
« Père, pardonne-leur! Ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Le Samedi Saint, Veille de réflexion, prise de conscience.
Dieu est-il mort et enterré?
Allons-nous baisser la tête et les bras et retourner à nos occupations journalières?
Et si tout n’est pas fini?
Si l’amour est plus fort que la mort?
Après l’hiver, l’expérience l’affirme, le printemps refleurit.

Pâques, la réponse à notre foi.
Il est vivant, aujourd’hui, pour tous les temps.
N’ayez pas peur!
Je suis là, avec vous, tous les jours,
jusqu’à la fin du monde.



Lionel-M. DesGroseillers s.m.m.



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