Le reliquaire du maître-autel de la paroisse Saint-Fabien renferme des reliquaires de premier ordre de saint Zénon et ses compagnons, saint pape Pie X et sainte Janvière. Si les deux premiers sont bien documentés, il en va autrement de sainte Janvière et les informations concernant cette sainte de l'Église Catholique nous ont été transmises par l'Archidiocèse de Montréal que nous remercions pour leur précieuse collaboration.

Voyons plus en détails qui sont chacun de ces saints personnages.

1.     Saint Zénon et ses compagnons

Zénon saint du christianisme, vivait au troisième siècle après Jésus-Christ dans la ville de Rome en Italie. Il exerçait la fonction de tribun dans l'armée romaine du bas empire. Il mourut martyr entre l'an 298 et 304 de notre ère (selon les sources), lors des persécutions chrétiennes. Il est honoré le 9 juillet, jour de sa mort d'après l'hagiographie catholique. 

a)    Histoire de saint Zénon le tribun et du lieu de son repos 

Le massacre de Saint Zénon et de ses compagnons ordonné par Dioclétien et Maximien Hercule le 9 juillet 298 vint encore ajouter aux souvenirs qui consacraient les Trois Fontaines, lieu du martyr de l'apôtre Saint Paul deux siècles plus tôt. Les deux empereurs voulant exterminer le christianisme au sein de leurs armées, firent rechercher dans toutes les légions les soldats accusés d'être chrétiens et qui refuseraient de renier Jésus-Christ. Il s'en trouva dix mille deux cent trois ayant à leur tête Zénon leur tribun (capitaine). Ils furent condamnés à construire les thermes (bains) que l'empereur avait résolu de bâtir pour le peuple et pour lui-même. Quand ces travaux gigantesques, dont les débris forment aujourd'hui plusieurs monuments de la Rome chrétienne furent achevés, craignant dit un historien que le grand nombre de condamnés favorisés par l'oisiveté et le repos ne les portât à tramer quelque complot contre la paix publique, l'empereur les fit conduire chargés de chaînes aux Eaux Salviennes et là on les massacra tous jusqu'au dernier. Cette horrible boucherie émut la piété des fidèles de Rome, on recueillit ces précieux restes auprès d'une fontaine qui portait dès lors comme aujourd'hui, le nom de Goutte qui coule toujours «Gutta jugiler manans» et on bâtit au-dessus une église(image à droite) dédiée à la Très Sainte Vierge Marie (Santa Maria scala coeli). Tombée en ruines une première fois, elle fut restaurée au XVIe siècle comme nous le dirons plus loin. 

b)    Les catacombes de saint Zénon 

C'est près de l'unique autel dédié aujourd'hui à Saint Bernard que se trouvent les douze degrés par lesquels on descend dans les catacombes de Saint Zénon et de ses soldats martyrs. Un autel dédié à Saint Zénon et à Saint Paul se trouve en cet endroit. Autrefois dit une vieille tradition, un souterrain partait de là et allait se continuant jusqu'à la basilique de Saint Paul hors les murs6. Au jour de la fête de Saint Anastase, les moines de Saint Paul passant par ces catacombes se rendaient processionnellement à l'église du Saint titulaire. De leur côté, les religieux de Saint Vincent et de Saint Anastase allaient par la même voie à Saint Paul à l'occasion de la station du quatrième mercredi du Carême qui se célébrait dans la basilique. Aujourd'hui la communication souterraine est détruite et quelques savants doutent qu'elle ait jamais existé. Mais ce qui reste, c'est le caveau dans lequel l'apôtre Paul10 passa les derniers moments de sa vie, avant son supplice. 

Une inscription gravée sur le mur rappelle le nom de Zénon et le nombre de ses compagnons. On peut lire sur la porte de la crypte où ils reposent : « hic requjescunt corporas martyris zenonis triruni et sociorum militum decem millium ducentorum trium. » Ici reposent les corps du saint martyr Zénon tribun et de dix mille deux cents trois soldats ses compagnons. 

c)    Église Santa Maria Scala Coeli 

La partie supérieure de cette église est de forme octogonale et terminée par une coupole. Vignole en a fait les dessins en 1582 par ordre du Alexandre Farnèse (cardinal), alors abbé commendataire. On voit dans l'abside de la chapelle dédiée à saint Bernard une mosaïque du florentin François Zucca, qui est regardée comme la première du genre moderne. L'église a pris le nom d'Échelle du Ciel (Santa Maria scala coeli) à la suite d'une vision de saint Bernard, qui célébrant un jour la messe pour les morts, dans l'antique église bâtie en cet endroit, fut ravi en extase et vit une échelle s'élevant de la terre aux cieux, par laquelle les anges conduisaient les âmes délivrées du purgatoire à la suite du saint sacrifice. Le tableau de l'autel représente. Un autre tableau de cette église représente le mystère de l'Annonciation. Cette église possède trois autels, le premier dédié à Marie sous le vocable de l'Annonciade en face de la porte d'entrée, le second aux saints martyrs Zénon et ses compagnons à droite en entrant, le troisième à saint Bernard avec sa mosaïque. 

Sans doute saint Bernard a rendu cette église célèbre par sa vision, mais cette église est une des plus anciennes du monde dédiées à la Marie (mère de Jésus), car elle le fut dès la dernière année du IIIe siècle. Elle a été construite à l'occasion du massacre de la légion de saint Zénon et de ses compagnons. 

2.   Pape Pie X

a)    Itinéraire pastoral 

Né dans une famille de condition modeste — son père Giovanni Battista Sarto (1792-1852) est facteur rural et appariteur de Riese [réf. souhaitée] et sa mère Margherita Sanson (1813-1894), couturière1 — il reçoit la tonsure en 1850 et entre au séminaire de Padouea 1 où ses supérieurs le chargent de diriger le chant des séminaristes. En bénéficiant de son talent musical, il est nommé maître de chapelle et y organise une scholaa 3. Il est ordonné prêtre en 1858. 

Il devient vicaire de la paroisse de Tomboloa 3 à laquelle il crée une petite école du chant grégorien de sorte que tous les fidèles puissent prendre part au chant de la messe. 

La Vénétie devient italienne en 1866. 

L'abbé Sarto est nommé archiprêtre de Salzano en 1867, ensuite chanoine de la cathédrale de Trévise en 1875. Parallèlement, il devient directeur spirituel du séminaire du diocèse. 

En 1882, lors de la conférence européenne d'Arezzo pour la musique sacrée, en tant que chancelier de l'évêché et directeur spirituel du grand séminaire, il soutient les moines de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes en faveur de la restauration du chant grégorien, alors que le pape Léon XIII défend toujours le chant néo-médicéen, issu de celui qui a été publié à Rome de 1614 à 1615. 

En 1884, il est consacré évêque de Mantoue.

Il effectue deux visites pastorales et organise un synode diocésain, avant de devenir Patriarche de Venise en 1893 et de recevoir la barrette de cardinal-prêtre (pour la paroisse de San Bernardo alle Terme) lors d'un consistoire secret en juin 1893. Le gouvernement italien refuse d'abord son exequatur, sous prétexte que sa nomination a été le fait du gouvernement austro-hongrois. Sarto doit attendre 18 mois avant de recevoir son nouveau diocèse. 

Il publie à Venise le 1er mai 1895, la Lettre pastorale sur le chant d'Église, en présentant des principes généraux pour l'organisation et la réalisation de la prière commune, chantée et liturgique. 

b)    Élection 

À la mort de Léon XIII, son successeur considéré le plus probable est son secrétaire d'État le cardinal Mariano Rampolla del Tindaro, qui totalise 29 voix lors du premier scrutin mais l'Autriche-Hongrie use de son droit d'exclusive à l'encontre dudit cardinal. 

Le cardinal Sarto est élu le 4 août par 50 voix contre 10 à Rampolla, et prend le nom de Pie X, en souvenir des papes du XIXe siècle qui « [avaient] courageusement lutté contre les sectes et les erreurs pullulantes ». Il est intronisé le 9 août. Un de ses premiers actes est d'interdire l'exclusive, pratique qui avait empêché Rampolla d'être élu. 

c)    Pontificat 

Le nouveau pape a pour particularité de n'avoir aucune expérience diplomatique, ni véritable formation universitaire. Il compense toutefois ces handicaps en s'entourant de gens compétents, comme le cardinal Rafael Merry del Val, âgé de 38 ans, polyglotte et directeur de l'Académie des nobles ecclésiastiques, dont Pie X fait son secrétaire d'État. 

Pie X, issu d'un milieu populaire, tente de rester accessible et fait aménager un appartement particulier dans le palais des papes, pour préserver sa vie privée marquée par la personnalité de ses sœurs.

d)   Canonisation 

Après sa mort, la dévotion envers Pie X ne cesse pas. Sa cause est ouverte le 24 février 1923 et on érige à Saint-Pierre de Rome un monument en sa mémoire pour le vingtième anniversaire de son accession au pontificat. Devant l'afflux des pèlerins venus prier sur sa tombe dans la crypte de la basilique Saint-Pierre, on fait sceller une croix de métal sur le sol de la basilique, afin que les pèlerins puissent s'agenouiller juste au-dessus de son tombeau. Des messes y sont dites jusqu'à l'avant-guerre. 

Le 19 août 1939, Pie XII prononce un discours à sa mémoire et le 12 février 1943, en pleine guerre, « l'héroïcité de ses vertus » est proclamée. Peu après il est déclaré « serviteur de Dieu ». 

C'est alors que la Sacrée Congrégation des Rites ouvre le procès de béatification examinant en particulier deux miracles. En premier lieu, celui intervenu auprès de Marie-Françoise Deperras, religieuse qui, d'après les Acta Apostolicae Sedis, était atteinte d'un cancer des os dont elle aurait été guérie en décembre 1928 et en second lieu celui d'une Sœur Benedetta de Maria, de Boves (Italie), qui aurait été guérie d'un cancer de l'abdomen en 1938. 

Ces deux miracles sont officiellement approuvés par Pie XII, le 11 février 1951 et aboutissent à la lettre de béatification de Pie X le 4 mars suivant. La cérémonie en elle-même a lieu le 3 juin 1951 en la basilique Saint-Pierre en présence de 23 cardinaux, de centaines d'archevêques et d'évêques et d'une foule de 100 000 pèlerins. Pie XII parle alors de Pie X comme du « pape de l'Eucharistie », en référence à l'accès de la communion aux jeunes enfants facilité par le nouveau bienheureux. 

La fête de Saint Pie X est célébrée le 21 août dans le nouveau calendrier liturgique. Il est cependant célébré le 3 septembre par le mouvement traditionaliste (SSPX) de Monseigneur Lefebvre qui ne reconnait pas le nouveau calendrier. 

Le 17 février 1952 son corps est transféré de la crypte à son emplacement actuel sous l'autel de la chapelle de la Présentation, à l'intérieur de la basilique, dans un sarcophage de bronze ajouré par un vitrage. 

Le 29 mai 1954, deux miracles sont reconnus par l'Église catholique, en premier lieu celui qui aurait permis la guérison d'un avocat italien - Francesco Belsami - d'un abcès pulmonaire, et l'autre celui qui aurait permis la guérison d'une religieuse - Sœur Maria-Ludovica Scorcia - affectée d'un virus du système nerveux14. La messe de canonisation célébrée par Pie XII est suivie par une foule de 800 000 fidèles. 

Pie X est le premier pape depuis le XVIe siècle à être canonisé, le dernier ayant été en 1712 Pie V qui avait régné de 1566 à 1572. 

En plus d’être considéré comme le pape de l'Eucharistie, Pie X est celui qui a autorisé la communion eucharistique de façon quotidienne. 

3.   Sainte Janvière

Sainte Janvière était une martyre romaine dont les restes ont été extraits des catacombes de Rome et rapportés à Montréal en 1843 à la demande de Mgr Bourget. La translation des reliques à Montréal eu lieu le 19 novembre 1843. On ne possède malheureusement pas plus d'informations concernant la vie, la spiritualité et l'œuvre de sainte Janvière et nous remercions l'Archidiocèse de Montréal de nous avoir fourni ces précieuses informations.