Cinquième Dimanche du Carême - (Année A)
Semaine du 29 mars 2020


« Tu verras la gloire de Dieu »

 

Quand on mentionne ici la mort de Lazare et son retour à la vie, il ne faut pas confondre avec la Résurrection du Christ au matin de Pâques. Nous sommes toutefois à une époque charnière de la vie de Jésus : c’est le jour du retour à la vie de Lazare que les autorités juives décident que Jésus en fait trop et qu’il est grand temps de le faire mourir lui aussi.

De plus, en interrogeant Marthe, Jésus lui fait subir un test sur la compréhension de ses trois années d’enseignement. Marthe, par ses réponses, prend l’image de tous les disciples du Christ. Alors, que devons-nous retenir de son enseignement :

1.      Vivre le mystère de Dieu, c’est un acte du cœur : Jésus aime Marthe, Marie et Lazare. Jésus pleure la mort de son ami Lazare. Il est réconfortant de constater que l’Évangile ne vient pas nous amputer de notre affectivité.

2.     Mourir n’est pas un problème de souffrance physique, d’autant plus que l’avancement des connaissances médicales et pharmaceutiques résout, de nos jours, 95 % des souffrances physiques.

3.     Mourir est un problème de compassion humaine : tout le monde a besoin de se sentir aimé, soutenu, accompagné. C’est ce que reproche Marthe à Jésus : «Tu te dis notre ami, mais quand on a besoin de toi, tu n’es pas là pour nous ».

4.     Le dilemme du « mourir dans la dignité » est un problème social : accompagner en douceur un mourant n’est pas rentable. D’autant plus que souvent l’accompagnateur se sent démuni, sans efficacité … car il est confronté à ses propres limites.

Pour comprendre cette page d’évangile, il faut identifier comment nous vivons nos deuils du quotidien : la perte d’un être cher, la perte d’un animal de compagnie, le changement d’emploi, un déménagement imposé, un divorce, une difficulté de santé.

Profitons également de notre célébration pour demander à Dieu de nous libérer de nos tombeaux personnels : tombeaux des amitiés mal cultivés, tombeaux des rancunes, des respects et des déceptions, tombeaux des injustices subies ou que nous faisons subir aux autres.

Puisse notre foi être une réponse d’abandon à la volonté de Dieu comme le proclame Marthe : « Oui, je crois que tu es le Messie, le Fils de Dieu ».

Puissions-nous entendre le Christ nous dire : « Je te dis que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ». Seigneur, je crois, mais augmente ma foi.

 
Texte de Gilles Baril, prêtre

Proposé par l'Abbé Jacques Dorélien,
Prêtre-curé des paroisses Marie-Reine-des-Cœurs et Saint-Fabien