Seizième dimanche du temps ordinaire - (Année B)
Semaine du 21 juillet 2024


Un imposant symbole de paix

 
Figurant désormais sur le drapeau de la Ville de Montréal et ayant longtemps dominé les forêts du Québec à cause de sa haute taille, le pin blanc est intimement lié à la culture autochtone. Il a longtemps dominé les forêts québécoises, pouvant atteindre 40 mètres. Depuis 2017, il apparaît sur les armoiries de la Ville de Montréal pour représenter la contribution des Premières Nations à la fondation de la métropole alors désignée sous le vocable d’Hochelaga, puis de Ville-Marie.

Symbole de paix, le pin blanc est intimement lié à la culture autochtone. « Il monte haut dans le ciel pour qu’on puisse le voir de loin et ses racines affleurantes courent loin sur le sol pour que quelqu’un puisse finalement trouver son chemin pour venir à l’arbre de la paix », relate André Dudemaine, Innu, fondateur et directeur de Terres et vues.

Cet arbre a toujours été intimement lié à la vie des Autochtones. « C’était l’arbre dominant des forêts à l’arrivée des Européens. Il est imposant à plusieurs niveaux, notamment sa longévité, car il peut vivre quelques siècles et prendre des dimensions importantes. Les arbres adultes résistent très bien aux feux de forêt à cause de leur hauteur et parce qu’ils ont la peau dure », explique-t-il.

Cet arbre occupe une place centrale dans la mythologie autochtone. « C’est l’arbre de la paix. Il est devenu le symbole d’une autorité politique, poursuit André Dudemaine. Dans la perspective amérindienne, l’autorité politique n’est pas personnelle, c’est quelque chose qui est collectif. C’est l’unité qui fait la force et elle est représentée par ce grand arbre. C’est donc quelque chose de très important. »

Le chef Kondiaronk, d’origine Huron-Wendat, a évoqué cet arbre mythique lors de la Grande Paix de Montréal, en 1701 :
« Aujourd’hui, le Soleil a dissipé tous ses nuages pour faire paraître ce bel arbre de paix qui était déjà planté sur la montagne la plus élevée de la terre ».

« Les peuplements naturels de pins blancs, comme il existait au XVIIe siècle, sont désormais en nombre réduit. Il en reste un remarquable au Témiscamingue, dans la forêt de l’Aigle, signale l’ingénieur forestier Christian Messier, qui est aussi professeur au Département des sciences biologiques à l’UQAM ainsi qu’à l’Université du Québec en Outaouais, mais il ne retrouvera jamais sa place d’antan dans le paysage. On trouve dans ces quelques centaines d’hectares de forêt de magnifiques pins blancs qui dominent. Quand on se promène là, on se demande si on ne vient pas de changer de pays. »

 

Texte de René Lefebvre

Proposé par l'Abbé Jacques Dorélien,
Prêtre-curé des paroisses Marie-Reine-des-Cœurs et Saint-Fabien