Combien de fois, en traversant des quartiers
résidentiels, avons-nous croisé une affiche nous
demandant de ralentir par les mots suivants : Attention
à nos enfants. Des enfants pouvaient s’être approprié un
bout de rue ou un croissant et nécessitaient
une vigilance de notre part.James Baldwin a déjà
écrit que « les enfants sont toujours les nôtres, chacun
d’entre eux, partout sur la planète; et je commence à
suspecter chez quiconque incapable de le reconnaître,
une incapacité à la moralité ».
Dans sa chronique du 14 juillet dernier, Nathalie
Plaat ne comprend pas pourquoi nous ne sommes pas tous
les jours dans la rue à revendiquer de tout notre être
un plus grand courage de nos politiques face aux
atrocités perpétrées chaque jour envers des enfants, nos
enfants, peut-être différents mais totalement et
entièrement nos enfants.
En voyant ces enfants morts à Gaza, elle a laissé la
honte la traverser. « La honte semble être devenue la
seule voie de transformation possible de nos postures
face à ce qui convoquera la réelle prise en compte de
l’altérité et l’abolition de la recherche de solutions
qui ne concernent que nous, écrit-elle.
Il nous reviendra de réussir à conjuguer autrement
que par l’anesthésie et l’amnésie, l’impuissance,
l’empathie et l’indignation,
parce que rien ne m’inquiète plus que notre habitude
face à l’horreur. »
Comme nous le rappelait le pape François dans
l’encyclique Laudato si, nous avons la mission de
prendre soin de la Maison commune. Et les enfants sont
tous les enfants de notre planète, de la Maison commune.
Et, face à l’horreur, nous sommes appelés à faire
attention à nos enfants. |