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Lorsqu’un proche meurt, nous sommes
confrontés au mystère de la mort. Nous ressentons d’une
façon plus vivre les liens tissés qui tout à coup se
cassent. Ce départ brutal constitue une déchirure
difficile à vivre. Dans notre tête jaillissent toutes
sortes de questions fondamentales : pourquoi? Pourquoi
je vis? Pourquoi je meurs? Qu’est-ce que la vie?
Qu’est-ce qui se passe « de l’autre bord? »
Toutes ces questions sont tout à fait
légitimes. Sans la foi, je serais réduit à vous inviter
à vous distraire pour finir par oublier ou passer à
autre chose. Mais ça ne serait pas faire justice au sens
de la vie enseigné par le Christ dans l’Évangile.
Je crois que notre vie sur terre est un
voyage : nous arrivons de l’Amour puis nous retournons
vers l’Amour. Ce qui est triste, ce n’est pas de finir
notre voyage, ni de repartir vers l’Amour, mais de ne
pas profiter du temps dont nous disposons pour aimer la
vie, pour aimer Dieu et les autres. Ce qui est triste,
c’est de gâcher notre vie en ne lui donnant pas un idéal
élevé.
Il est facile de comprendre qu’il y a
des gens dont la mission consiste à entrer dans nos vies
pour y apporter de l’idéal. Elles ne font que passer
pour nous offrir un don, une bénédiction, une leçon de
vie qui servira plus tard. Puis ces gens repartent.
Elles n’ont pas besoin de traîner en vieillesse : ces
gens sont des âmes de solidarité avec l’Éternité elles
nous enseignent cette solidarité qui consiste à
s’occuper de l’autre avec affection pendant un certain
temps avant de passer le flambeau à quelqu’un d’autre.
Ces gens de passage, ce flot de personnes qui se succède
pour alimenter nos vies ressemblent à un fleuve alimenté
par
diverses rivières et divers ruisseaux. Jamais la vie ne
s’arrête. L’amour reste, mais les amis se succèdent.
Ce qui est triste, ce n’est pas ceux qui
partent, mais ceux qui restent. C’est pourquoi il faut
continuer de nous soutenir les uns les autres. Ce qui
veut dire parfois : juste être là, présent à l’autre,
dans un silence respectueux et affectueux. Devant un
trop-plein d’émotions, c’est une bonne chose que
d’attendre en silence le secours qui vient du Seigneur
(et le Seigneur choisit de passer par nous), Les bontés
du Seigneur ne sont jamais épuisées.
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