Commémoration des défunts - (Année C)
Semaine du 2 novembre 2025


« Vivre au maximum »

 

Lorsqu’un proche meurt, nous sommes confrontés au mystère de la mort. Nous ressentons d’une façon plus vivre les liens tissés qui tout à coup se cassent. Ce départ brutal constitue une déchirure difficile à vivre. Dans notre tête jaillissent toutes sortes de questions fondamentales : pourquoi? Pourquoi je vis? Pourquoi je meurs? Qu’est-ce que la vie? Qu’est-ce qui se passe « de l’autre bord? »

Toutes ces questions sont tout à fait légitimes. Sans la foi, je serais réduit à vous inviter à vous distraire pour finir par oublier ou passer à autre chose. Mais ça ne serait pas faire justice au sens de la vie enseigné par le Christ dans l’Évangile.

Je crois que notre vie sur terre est un voyage : nous arrivons de l’Amour puis nous retournons vers l’Amour. Ce qui est triste, ce n’est pas de finir notre voyage, ni de repartir vers l’Amour, mais de ne pas profiter du temps dont nous disposons pour aimer la vie, pour aimer Dieu et les autres. Ce qui est triste, c’est de gâcher notre vie en ne lui donnant pas un idéal élevé.

Il est facile de comprendre qu’il y a des gens dont la mission consiste à entrer dans nos vies pour y apporter de l’idéal. Elles ne font que passer pour nous offrir un don, une bénédiction, une leçon de vie qui servira plus tard. Puis ces gens repartent. Elles n’ont pas besoin de traîner en vieillesse : ces gens sont des âmes de solidarité avec l’Éternité elles nous enseignent cette solidarité qui consiste à s’occuper de l’autre avec affection pendant un certain temps avant de passer le flambeau à quelqu’un d’autre. Ces gens de passage, ce flot de personnes qui se succède pour alimenter nos vies ressemblent à un fleuve alimenté par
diverses rivières et divers ruisseaux. Jamais la vie ne s’arrête. L’amour reste, mais les amis se succèdent.

Ce qui est triste, ce n’est pas ceux qui partent, mais ceux qui restent. C’est pourquoi il faut continuer de nous soutenir les uns les autres. Ce qui veut dire parfois : juste être là, présent à l’autre, dans un silence respectueux et affectueux. Devant un trop-plein d’émotions, c’est une bonne chose que d’attendre en silence le secours qui vient du Seigneur (et le Seigneur choisit de passer par nous), Les bontés du Seigneur ne sont jamais épuisées.

 

Texte de Gilles Baril, prêtre

Proposé par l'Abbé Jacques Dorélien,
Prêtre-curé des paroisses Marie-Reine-des-Cœurs et Saint-Fabien