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En cette fin de semaine de l’action de
Grâce la Liturgie nous présente cet épisode de dix
lépreux demandant leur guérison à Jésus. Tout d’abord
Jésus va contre les règles du temps. On ne devait pas
s’approcher des lépreux par peur d’être contaminé ou de
devenir soi-même lépreux. Cependant, à la différence
qu’au contact avec Jésus, celui-ci n’est pas contaminé,
mais c’est nous qui devenons comme Lui! C’est la même
chose avec le pécheur, ce dernier devient comme Jésus,
purifié, libre et retrouve la beauté et la lumière de
Dieu en lui. Rappelons-nous l’histoire de Marie
Madeleine. Les pharisiens du temps se disaient en
eux-mêmes que Jésus deviendrait impur comme elle. C’est
tout le contraire, au contact avec Jésus c’est elle qui
est devenue rayonnante de sonamour, de sa bonté et de
son pardon.
Aujourd’hui, je crois que le message de
l’évangile nous situe face à nos manières d’agir. Par
exemple, dans nos prières nous sommes parfois plus
souvent enclins à demander qu’à remercier! D’autre part,
c’est parfois plus facile de voir les défauts que les
qualités d’une personne. Chaque fois que je prépare un
couple au mariage, je demande aux futurs mariés de
m’écrire les cinquante principales qualités de chacun
des futurs conjoints. Comme première réaction, on se met
à rire un peu. Mais j’insiste et la plupart m’écrivent
les cinquante qualités. Dernièrement, un couple est même
arrivé à soixante-dix-sept qualités! Si on me demande
d’écrire les défauts, je leur dis gentiment que nous
n’avons pas de défauts, seulement des qualités! Les
défauts n’existent pas, nous n’avons que des qualités
qui restent à développer. Un défaut c’est ce qui manque
à une qualité! Quand on aime on regarde les qualités et
lorsque que l’amour diminue, c’est alors que l’on
commence à regarder ce qui manque aux qualités. Nous
avons été créés à l’image et ressemblance de Dieu, donc
nous ne pouvons pas avoir des défauts, mais que des
qualités, mais… encore imparfaites. Est-ce qu’une maman
voit les défauts de son enfant? Non, car elle le regarde
avec le regard de l’amour. Le petit Prince disait on ne
voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel demeure invisible
pour les yeux. On dit parfois qu’un merci, la gratitude
et la reconnaissance sont la mémoire du cœur, Ils
expriment ce qui habite mon cœur. Un merci a une valeur
humaine et divine. Dire merci signifie que nous
reconnaissons que nous ne sommes pas seuls, que nous
avons reçu un don qui vient d’un autre. Le merci ouvre
le cœur à l’humilité et à la reconnaissance. C’est plus
qu’un geste de politesse, c’est un acte de foi qui nous
permet d’entrer en relation avec ce Dieu qui nous aime
tant.
Dire merci, ce n’est pas seulement
exprimer une parole, c’est ouvrir son cœur à la joie,
c’est embellir une relation dans la famille, dans un
couple ou une communauté. Dire merci, c’est revaloriser
l’autre, reconnaitre son geste et collaborer à faire
grandir l’amour et l’amitié. D’ailleurs notre vie
chrétienne est une école de gratitude. La plus grande
prière est l’Eucharistie qui signifie une action de
grâce, dire merci à Dieu pour le don de son Fils, son
salut, sa vie et sa présence parmi nous. N’ayons pas
peur de cultiver nos mercis et nos gestes de
reconnaissance! Merci pour la vie, notre famille, la
santé, le soleil qui se lève chaque matin, notre
travail, ce qui nous rend heureux et nous rapproche de
Dieu. C’est beau de demander, mais encore plus
merveilleux de savoir dire merci et de devenir une
personne reconnaissante en semant de la joie, de la paix
et de la lumière et de la beauté dans les cœurs. |