Vingt-huitième dimanche ordinaire- (Année C)
Semaine du 12 octobre 2025


Un petit merci s.v.p. !

 

En cette fin de semaine de l’action de Grâce la Liturgie nous présente cet épisode de dix lépreux demandant leur guérison à Jésus. Tout d’abord Jésus va contre les règles du temps. On ne devait pas s’approcher des lépreux par peur d’être contaminé ou de devenir soi-même lépreux. Cependant, à la différence qu’au contact avec Jésus, celui-ci n’est pas contaminé, mais c’est nous qui devenons comme Lui! C’est la même chose avec le pécheur, ce dernier devient comme Jésus, purifié, libre et retrouve la beauté et la lumière de Dieu en lui.  Rappelons-nous l’histoire de Marie Madeleine. Les pharisiens du temps se disaient en eux-mêmes que Jésus deviendrait impur comme elle. C’est tout le contraire, au contact avec Jésus c’est elle qui est devenue rayonnante de sonamour, de sa bonté et de son pardon.

Aujourd’hui, je crois que le message de l’évangile nous situe face à nos manières d’agir. Par exemple, dans nos prières nous sommes parfois plus souvent enclins à demander qu’à remercier! D’autre part, c’est parfois plus facile de voir les défauts que les qualités d’une personne. Chaque fois que je prépare un couple au mariage, je demande aux futurs mariés de m’écrire les cinquante principales qualités de chacun des futurs conjoints. Comme première réaction, on se met à rire un peu. Mais j’insiste et la plupart m’écrivent les cinquante qualités. Dernièrement, un couple est même arrivé à soixante-dix-sept qualités! Si on me demande d’écrire les défauts, je leur dis gentiment que nous n’avons pas de défauts, seulement des qualités! Les défauts n’existent pas, nous n’avons que des qualités qui restent à développer. Un défaut c’est ce qui manque à une qualité! Quand on aime on regarde les qualités et lorsque que l’amour diminue, c’est alors que l’on commence à regarder ce qui manque aux qualités. Nous avons été créés à l’image et ressemblance de Dieu, donc nous ne pouvons pas avoir des défauts, mais que des qualités, mais… encore imparfaites. Est-ce qu’une maman voit les défauts de son enfant? Non, car elle le regarde avec le regard de l’amour. Le petit Prince disait on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel demeure invisible pour les yeux. On dit parfois qu’un merci, la gratitude et la reconnaissance sont la mémoire du cœur, Ils expriment ce qui habite mon cœur. Un merci a une valeur humaine et divine. Dire merci signifie que nous reconnaissons que nous ne sommes pas seuls, que nous avons reçu un don qui vient d’un autre. Le merci ouvre le cœur à l’humilité et à la reconnaissance. C’est plus qu’un geste de politesse, c’est un acte de foi qui nous permet d’entrer en relation avec ce Dieu qui nous aime tant.

Dire merci, ce n’est pas seulement exprimer une parole, c’est ouvrir son cœur à la joie, c’est embellir une relation dans la famille, dans un couple ou une communauté. Dire merci, c’est revaloriser l’autre, reconnaitre son geste et collaborer à faire grandir l’amour et l’amitié. D’ailleurs notre vie chrétienne est une école de gratitude. La plus grande prière est l’Eucharistie qui signifie une action de grâce, dire merci à Dieu pour le don de son Fils, son salut, sa vie et sa présence parmi nous. N’ayons pas peur de cultiver nos mercis et nos gestes de reconnaissance! Merci pour la vie, notre famille, la santé, le soleil qui se lève chaque matin, notre travail, ce qui nous rend heureux et nous rapproche de Dieu.  C’est beau de demander, mais encore plus merveilleux de savoir dire merci et de devenir une personne reconnaissante en semant de la joie, de la paix et de la lumière et de la beauté dans les cœurs.

 

Texte de Lauréat Couture, prêtre

Proposé par l'Abbé Jacques Dorélien,
Prêtre-curé des paroisses Marie-Reine-des-Cœurs et Saint-Fabien