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Figurant désormais sur le drapeau de la Ville de
Montréal et ayant longtemps dominé les forêts du
Québec à cause de sa haute taille, le pin blanc est
intimement lié à la culture autochtone. Il a longtemps
dominé les forêts québécoises, pouvant atteindre 40
mètres. Depuis 2017, il apparaît sur les armoiries de
la Ville de Montréal pour représenter la contribution
des Premières Nations à la fondation de la métropole
alors désignée sous le vocable d’Hochelaga, puis de
Ville-Marie. Symbole de paix, le pin blanc est
intimement lié à la culture autochtone. « Il monte
haut dans le ciel pour qu’on puisse le voir de loin et
ses racines affleurantes courent loin sur le sol pour
que quelqu’un puisse finalement trouver son chemin pour
venir à l’arbre de la paix », relate André Dudemaine,
Innu, fondateur et directeur de Terres et vues.
Cet arbre a toujours été intimement lié à la vie
des Autochtones. « C’était l’arbre dominant des forêts
à l’arrivée des Européens. Il est imposant à
plusieurs niveaux, notamment sa longévité, car il peut
vivre quelques siècles et prendre des dimensions
importantes. Les arbres adultes résistent très bien
aux feux de forêt à cause de leur hauteur et parce
qu’ils ont la peau dure », explique-t-il.
Cet arbre occupe une place centrale dans la
mythologie autochtone. « C’est l’arbre de la paix. Il
est devenu le symbole d’une autorité politique, poursuit
André Dudemaine. Dans la perspective amérindienne,
l’autorité politique n’est pas personnelle, c’est
quelque chose qui est collectif. C’est l’unité qui fait
la force et elle est représentée par ce grand arbre.
C’est donc quelque chose de très important. »
Le chef Kondiaronk, d’origine Huron-Wendat, a évoqué
cet arbre mythique lors de la Grande Paix de Montréal,
en 1701 :
« Aujourd’hui, le Soleil a dissipé tous ses nuages pour
faire paraître ce bel arbre de paix qui était déjà
planté sur la montagne la plus élevée de la terre ».
« Les peuplements naturels de pins blancs, comme il
existait au XVIIe siècle, sont désormais en nombre
réduit. Il en reste un remarquable au Témiscamingue,
dans la forêt de l’Aigle, signale l’ingénieur
forestier Christian Messier, qui est aussi professeur au
Département des sciences biologiques à l’UQAM ainsi
qu’à l’Université du Québec en Outaouais, mais il ne
retrouvera jamais sa place d’antan dans le paysage. On
trouve dans ces quelques centaines d’hectares de forêt
de magnifiques pins blancs qui dominent. Quand on se
promène là, on se demande si on ne vient pas de
changer de pays. » |