À partir du moment où l'être humain prend conscience de
sa vie et de tout ce qui se passe autour de lui, il se
met à avoir peur. La vie est difficile, la vie est
exigeante, la vie est pleine d'embûches. Il est donc
tout à fait normal d'avoir
peur. La peur, un peu comme la douleur, est présente
pour nous avertir d'un danger imminent. J'ai peur dans
le noir parce que je risque de me frapper sur un
obstacle que je ne vois pas. C'est normal. En ville,
aujourd'hui, on a peur de sortir le soir. On a peur des
pesticides, des herbicides, de la fumée des usines, de
la pollution. Toutes ces peurs sont bénéfiques. Elles
sont là pour nous protéger.Les disciples avaient donc
tout à fait raison d'avoir peur. Les vagues étaient si
hautes qu'elles étaient en train de remplir la barque et
ils risquaient tous de se noyer. Pendant ce temps-là,
Lui épuisé de fatigue par de longues journées de
prédication et de longs voyages à travers villes et
villages, Lui, dormait sur le coussin en arrière.
Ils le réveillent et vont quasiment jusqu'à le rendre
responsable de ce qui arrive. "Maître, nous sommes
perdus; cela ne te fait rien?" Comme si cela lui était
indifférent. Il dort tranquille et la tempête s'élève.
Ce n'est tout de même pas de sa faute. Tout leur espoir,
toute leur sécurité est tellement centrée sur Lui,
qu'ils ne s'imaginent pas qu'il soit possible qu'il
reste là à dormir alors qu'eux tous sont devant un
danger évident.
Réveillé, Jésus va d'abord calmer la tempête. Il dit
à la mer: "Silence, tais-toi." Le vent tomba et il se
fit un grand calme. Puis il leur dit: "Pourquoi avoir
peur? Comment se fait-il que vous n'ayez pas la
foi?" Quelle foi nous faudrait-il pour que nous n'ayons
plus peur? La foi qui transporte les montagnes, la foi
qui met toute sa confiance en Dieu, la foi qui sait que
Dieu est Père et que nous sommes ses enfants et qu'Il ne
nous abandonnera jamais.
Cette foi, à partir du moment où je la cultive en
moi, elle devrait me permettre de surmonter bien des
obstacles. Elle ne me permet pas d'être irresponsable,
d'être imprudent devant le danger. Elle ne me permet pas
d'être présomptueux et de me compromettre avec le mal.
Elle me guide et me protège, elle me prévient et me
rassure. C'est la foi de l'enfant dans les bras de son
père ou la confiance des tout-petits que la maman
surveille. Tout est là.
Il y avait autrefois un don du Saint Esprit qu'on
appelait la crainte de Dieu. On l'a changé de nom parce
qu'on le comprenait mal. On pensait qu'il fallait avoir
peur même de Dieu. Alors qu'il s'agissait de la peur de
faire mal à l'autre, la peur de blesser, la peur de
faire de la peine. Cette peur-là, il faudrait le garder.
Il faudrait toujours avoir peur de ne pas assez aimer.
Seigneur, gardes-nous dans cette crainte-là et
délivre-nous de toutes les autres craintes qui ne
peuvent que m'empêcher de t'aimer et d'aimer tous ceux
et celles que tu as mis à côté de moi. La mer, la
tempête sont des images du mal qui nous entoure.
Sachons, comme les disciples, réveiller le Seigneur. Et
Lui, dira: "Silence, tais-toi." Le vent tombera et il se
fera un grand calme. |