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La vocation de Jean Baptiste fut extraordinaire du début
à la fin. L’Évangile d’aujourd’hui nous parle de ses
débuts, de sa naissance qui causa tout un émoi dans la
famille. Ses parents avaient dépassé l’âge d’avoir un
enfant et pourtant ils seront gratifiés de façon
spectaculaire par cette naissance tellement que le père
en perdra la parole. Il n’y croyait pas.
À l’arrivée de l’enfant de façon tout aussi
spectaculaire il recouvrira la parole en affirmant sans
hésitation à la demande du nom de l’enfant. Il écrira: «
Son nom est Jean. » On voulait l’appeler Zacharie pour
faire plaisir au père, mais ce dernier affirme sans
consultation avec personne le nom choisi par Dieu.
Puis on perd Jean de vue pendant une bonne trentaine
d’années un peu comme Jésus lui-même. Mais de lui on dit
qu’il partit au désert sûrement à l’âge adulte et c’est
là qu’il découvrit sa vocation de baptiseur et
probablement aussi sa mission de précurseur.
Jean développa la conviction qu’il devait préparer
ses contemporains à l’arrivée du Messie attendu. Cette
préparation consistait à se mettre en condition pour
l’accueillir par la conversion et la pénitence. Il
savait déjà que le messie ne serait pas à l’image de
celui que le peuple désirait. Il ne venait pas les faire
triompher sur les autres, mais bien sur soi-même ce qui
était bien différent et qui demandait une tout autre
préparation, celle du cœur et non pas des bras.
Au retour du désert Jean se met donc à prêcher et à
baptiser dans l’eau pour signifier la purification
nécessaire à chacun. On nous dit: « Tous venaient se
faire baptiser. » Jean avait donc beaucoup de succès.
Jusqu’au jour où Jésus lui-même apparut. Jean hésita à
le baptiser. Il savait qu’il n’avait pas besoin de ce
baptême, mais Jésus lui permit de le faire pour
témoigner de sa valeur. Jean le baptisa puis il
s’empressa d’ajouter pour ses propres disciples: « Voici
l’agneau de Dieu. » Ma mission à moi est terminée,
désormais: « Il faut qu’il grandisse et que moi, je
diminue. »
La carrière de Jean tire à sa fin il aura une prise
de bec avec Hérode à propos de son mariage et il sera
exécuté à la demande de Hérodiade nous savons comment.
Jean fut choisi un jour comme patron des canadiens
français. On le personnifia longtemps par un jeune
berger frisé avec son mouton. Je ne sais où on avait
pris cette image mais elle n’exista jamais.
Malheureusement peut-être c’est le mouton qui devint
notre emblème et depuis ce jour on suit la mode.
Autrefois on suivait les curés. Aujourd’hui on suit les
médias.
Jean Baptiste ne fut jamais un «suiveux».
Demandons-lui de nous aider à trouver notre voie et de
la suivre sans nécessairement être à la mode. |