Vingt-septième dimanche du temps ordinaire - (Année A)
Semaine du 8 octobre 2023


Merci de faire pousser !

 
Christian Bégin a écrit dans Le Devoir du 5 septembre 2020 que « nous sommes en déficit de rituels. Dans un mouvement de révolution pas si tranquille l’air de rien, on a désacralisé beaucoup de choses et la triste tribalisation du monde témoigne maladroitement, voire dangereusement, de cette quête de sens, de cette nécessité de recréer de nouveaux rites de passage. On a soif de sens, mais on boit de plus en plus en groupes fermés ».

Il faut fêter et honorer ce qui pousse et celles et ceux qui font pousser de manière à nous nourrir et à bien nous nourrir. Il rend « hommage à celles et ceux qui pratiquent une agriculture sensée et vouée à maintenir, sinon à rétablir, l’équilibre fragilisé, attaqué de toutes parts, entre nous et le « Grand Tout ».

« En ces temps, qui ne cessent de percuter nos labiles certitudes, il demeure une chose qui, malgré nous souvent, malgré nos maltraitances répétées, revient avec pugnacité, résilience et générosité : LE TEMPS DES RÉCOLTES. Ce temps de l’année où la terre rend à celles et ceux qui la traitent en égale les fruits de leur dur labeur ».

Bien traiter la Terre, c’est une profession de foi en des demains fructueux et nourriciers. C’est une déclaration d’humanisme et d’altruisme. « Bien sûr, une terre malmenée peut donner ce qu’on lui demande de donner, mais elle s’épuise, se vide de la vie qui lui permet de donner ». Elle finit par mourir ou se rebeller. C’est comme avec les gens. C’est pareil.

Catastrophes obligent, on ne pourra pas tant les fêter, ces récoltes, encore cette année à certains endroits sur le territoire. « C’est peut-être une façon que le « Grand Tout » a trouvée pour nous appeler à plus de bienveillance à son égard ». La terre semble « lasse et fatiguée par notre négligence égoïste. Mais elle donne et donne encore. C’est comme si elle avait encore de la place pour pardonner. Et elle s’accroche, avec reconnaissance, à celles et ceux qui se rappellent au devoir, à l’impératif devoir de faire attention à elle si on veut qu’elle donne encore et encore pour ceux et celles qui nous suivent ».

 

Texte de René Lefebvre

Proposé par l'Abbé Jacques Dorélien,
Prêtre-curé des paroisses Marie-Reine-des-Cœurs et Saint-Fabien