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Christian Bégin a écrit dans Le Devoir du 5 septembre
2020 que « nous sommes en déficit de rituels. Dans un
mouvement de révolution pas si tranquille l’air de rien,
on a désacralisé beaucoup de choses et la triste
tribalisation du monde témoigne maladroitement, voire
dangereusement, de cette quête de sens, de cette
nécessité de recréer de nouveaux rites de passage. On a
soif de sens, mais on boit de plus en plus en groupes
fermés ». Il faut fêter et honorer ce qui pousse et
celles et ceux qui font pousser de manière à nous
nourrir et à bien nous nourrir. Il rend « hommage à
celles et ceux qui pratiquent une agriculture sensée et
vouée à maintenir, sinon à rétablir, l’équilibre
fragilisé, attaqué de toutes parts, entre nous et le «
Grand Tout ».
« En ces temps, qui ne cessent de percuter nos
labiles certitudes, il demeure une chose qui, malgré
nous souvent, malgré nos maltraitances répétées, revient
avec pugnacité, résilience et générosité : LE TEMPS DES
RÉCOLTES. Ce temps de l’année où la terre rend à celles
et ceux qui la traitent en égale les fruits de leur dur
labeur ».
Bien traiter la Terre, c’est une profession de foi en
des demains fructueux et nourriciers. C’est une
déclaration d’humanisme et d’altruisme. « Bien sûr, une
terre malmenée peut donner ce qu’on lui demande de
donner, mais elle s’épuise, se vide de la vie qui lui
permet de donner ». Elle finit par mourir ou se
rebeller. C’est comme avec les gens. C’est pareil.
Catastrophes obligent, on ne pourra pas tant les
fêter, ces récoltes, encore cette année à certains
endroits sur le territoire. « C’est peut-être une façon
que le « Grand Tout » a trouvée pour nous appeler à plus
de bienveillance à son égard ». La terre semble « lasse
et fatiguée par notre négligence égoïste. Mais elle
donne et donne encore. C’est comme si elle avait encore
de la place pour pardonner. Et elle s’accroche, avec
reconnaissance, à celles et ceux qui se rappellent au
devoir, à l’impératif devoir de faire attention à elle
si on veut qu’elle donne encore et encore pour ceux et
celles qui nous suivent ». |