Douzième dimanche du temps ordinaire - (Année A)
Semaine du 25 juin 2023


« Soyez donc sans crainte ;
vous valez plus que tous les moineaux du monde. » 
(Matt 10,26-33)

 
N’avons-nous pas souvent l'impression que Dieu a déposé sur les épaules de ses enfants des fardeaux trop lourds à porter ? Il leur a confié des responsabilités au-delà de leur capacité de les assumer.

C'était la conviction de tous les prophètes. La conviction de tous ceux qui se sentaient appelés à une mission spéciale dans le peuple de Dieu. Ils savaient que Dieu voulait qu'ils accomplissent telle tâche.  Ils ne pouvaient que déclarer : "Non, Seigneur, pas moi, je suis trop faible, je suis trop lâche, je suis incapable de faire ce que tu me demandes."

Lisez l'Exode et voyez comment Moïse s'est senti dépassé par la tâche que le Seigneur voulait lui confier. Voyez le prophète Jérémie, voyez Isaïe, Amos, Osée. Tous, ils ont la même réaction devant l'exigence du Seigneur. On dirait que le Seigneur se complait à choisir des petits et des faibles, pour qu'on réalise que ce n'est pas par leurs propres moyens, ni parce qu'ils étaient capables, qu'ils ont réussi mais bien parce que le Seigneur lui-même agissait à travers eux.

"Ma faiblesse, c'est ma force." disait St Paul. Il était convaincu  que sa mission n'était pas la sienne mais celle du Seigneur lui-même. Donc celui-ci ne pouvait l'abandonner.

Si nous avions aujourd'hui la même conviction. Si nous avions la conviction profonde que Dieu nous confie telle responsabilité à
l'intérieur de nos tâches quotidiennes. Il ne peut donc pas nous laisser tomber en chemin.

Aujourd'hui nous pouvons le dire aussi bien pour les mamans, les papas, les curés ou qui que ce soit qui est investi d'une responsabilité particulière. La tâche souvent paraît trop lourde. On est porté à dire à un moment ou à un autre la formule devenue célèbre par une chanson : C'est dur de prendre ses responsabilités...

Oui, en ce vingt et unième siècle, tout ce qui implique devoir et responsabilité, ce qui nécessite sacrifice et renoncement est devenu tellement difficile. Trop d'images nous sont présentées, qui nous invitent à ne penser qu'à soi-même et à son propre épanouissement personnel, qu'on est venu à croire que donner du temps pour les autres, nous empêche d'être heureux. Et pourtant l'expérience nous enseigne que la seule façon d'être heureux c'est de rendre les autres heureux autour de soi.

Si l'époux rend sa femme heureuse en l'aimant pour elle-même et non pour lui. Si le papa fait tout pour que ses enfants soient heureux, il ne peut qu'en retirer pour lui-même joie et bonheur. Il sera le premier à en profiter.

Souhaitons à tous ceux et toutes celles qui sont investis d’une certaine responsabilité, qu'ils trouvent leur joie dans l'accomplissement de la tâche qu'ils ont un jour acceptée d'assumer. Que leur joie rayonne sur ceux et celles qui les entourent.

Ne crains pas d'être un bon époux et un bon papa, une bonne épouse et une bonne maman. Si Dieu t'a confié cette responsabilité, il ne peut pas t'abandonner en chemin. Fais-lui confiance. Sois en convaincu et ne lâche pas, tu y gagneras sûrement et tout le monde autour de toi aussi.

 

Texte de Jean-Jacques Mireault, prêtre

Proposé par l'Abbé Jacques Dorélien,
Prêtre-curé des paroisses Marie-Reine-des-Cœurs et Saint-Fabien