Dimanche de la Sainte-Trinité - (Année A)
Semaine du 4 juin 2023


« Survivre à la déception »

 
Il y a souvent un écart entre les attentes et les effets réels vécus lors d’un événement. « La déception est un passage obligé de nos vies idéalisées et naît de l’erreur d’appréciation », selon le psychologue Yves-Alexandre Thälmann. J’aime me rappeler ce récit d’un papillon écrit par le père missionnaire Michel Fortin :

Histoire d’un papillon

Un jour, apparut un petit trou dans un cocon. Un homme qui passait à tout hasard, s’arrêta de longues heures à observer le papillon qui s’efforçait de sortir de ce petit trou. Après un long moment, c’était comme si le papillon avait abandonné. Le trou demeurait toujours aussi petit. On aurait dit qu’il avait fait tout ce qu’il pouvait et qu’il ne pouvait plus rien faire d’autre.

Alors, l’homme voulut l’aider. Il prit un canif et ouvrit le cocon. Le papillon sortit aussitôt. Mais son corps était maigre et engourdi. Ses ailes étaient peu développées et bougeaient à peine. L’homme continua à observer, pensant que d’un moment à l’autre les ailes du papillon s’ouvriraient et seraient capables de supporter son corps pour qu’il puisse prendre son envol. Il n’en fut rien. Le papillon passa le reste de son existence à se traîner avec son maigre corps et ses ailes rabougries. Jamais il ne put voler de ses propres ailes.

Ce que l’homme, avec son geste de délicatesse et son intention pourtant bienveillante, ne comprenait pas, c’est que le passage du trou étroit du cocon était l’effort nécessaire pour que le papillon puisse transmettre à ses ailes le liquide de son corps de manière à pouvoir voler. C’était le moule à travers lequel la vie le faisait passer pour grandir et se développer.

Parfois, l’effort est exactement ce dont nous avons besoin dans notre vie. Si l’on nous permettait de vivre notre vie sans rencontrer d’obstacles, nous serions limités nous aussi. Nous ne pourrions être aussi forts que nous le sommes.

J’ai demandé la force et la vie m’a donné des difficultés pour être fort.
J’ai demandé la sagesse et la vie m’a donné des problèmes à résoudre.
J’ai demandé la prospérité et la vie m’a donné un cerveau pour travailler.
J’ai demandé de pouvoir avancer et la vie m’a donné des obstacles à franchir.
J’ai demandé l’amour et la vie m’a donné des gens à aider et encourager.
J’ai demandé des faveurs et la vie m’a donné des potentialités.

Moi-même, mes prières n’ont pas toujours été exaucées comme je l’avais désiré. Par contre la divine Providence m’a toujours fourni les outils nécessaires pour affronter les obstacles et les épreuves que je devais affronter. Elle vaut plus que tout pour moi.

 

Texte de René Lefebvre

Proposé par l'Abbé Jacques Dorélien,
Prêtre-curé des paroisses Marie-Reine-des-Cœurs et Saint-Fabien