Quatrième dimanche de Pâques - (Année A)
Semaine du 30 avril 2023


« Le bon pasteur »

 
Avant le concile de Trente (1536-1563), il arrivait régulièrement que les curés logent à l’évêché et qu’ils ne se rendent dans leurs paroisses que pour le ministère dominical.

Au concile de Trente, on part du principe que « le bon pasteur connaît chacune de ses brebis et il les appelle chacune par son nom ». On oblige les curés à résider dans leurs paroisses. Même plus que ça : on décide qu’une paroisse ne doit pas dépasser 500 familles ou 3000 personnes, car elle se doit de demeurer un milieu de vie à taille humaine... ce qui amène la multiplication des paroisses. À cette époque, il y a beaucoup de prêtres, religieux, religieuses. Les statistiques révèlent par exemple au Québec dans les années 1940-1950, un prêtre, religieux, religieuse pour environ 110 laïcs. L’Église est responsable à cette époque non seulement des paroisses, mais du monde scolaire, du monde hospitalier et de l’ensemble des œuvres sociales et caritatives.

Puis arrive le concile Vatican II (1961-1965) : on décrète que la paroisse n’est pas que le clergé qui en est responsable, mais l’ensemble de la communauté chrétienne : il faut donner des responsabilités réelles aux laïcs. Cette nouvelle perspective de la pastorale arrive en même temps que la « Révolution tranquille » où le gouvernement décide d’assumer la coordination des œuvres sociales ainsi que du monde hospitalier et scolaire.

L’Église perd ses pouvoirs publics. Son influence sociale diminue et les gens délaissent la pratique religieuse dominicale. On crée l’esprit des services pastoraux distincts : service de préparation au baptême, service de préparation au mariage, service d’initiation aux sacrements pour les jeunes, pastorale des malades, pastorale liturgique... On commence à vivre une « religion à la carte », c'est-à-dire qu’on fait appel à un service précis de l’Église pour répondre à un besoin particulier quand on a un besoin spécifique... comme on choisit ce qui nous tente sur la carte des mets offerts quand on va au restaurant.

Tout ceci amène la diminution des vocations consacrées et l’obligation de fusionner les paroisses moins nombreuses en unité paroissiale. Ceci amène aussi l’animation pastorale par des équipes de pastorale où se trouvent des prêtres qui travaillent en complicité avec des laïcs, agent[e] de pastorale.

Notre prière en ce dimanche des vocations est une prière de demande afin que Dieu nous envoie le personnel nécessaire pour s’occuper du monde qui s’occupe du monde : que Dieu nous donne des apôtres qui stimulent chaque baptisé à développer leurs talents au service des autres.

Notre prière est aussi une prière de reconnaissance pour le rayonnement et la vitalité de notre Église qui malgré le climat de suspicion créé par les médias continue d’interpeller les valeurs de l’Évangile vécues dans les petits gestes de chaque jour.


 
Texte de Gilles Baril, prêtre

Proposé par l'Abbé Jacques Dorélien,
Prêtre-curé des paroisses Marie-Reine-des-Cœurs et Saint-Fabien