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Avant le concile de Trente (1536-1563), il arrivait
régulièrement que les curés logent à l’évêché et qu’ils
ne se rendent dans leurs paroisses que pour le ministère
dominical.
Au concile de Trente, on part du principe que « le
bon pasteur connaît chacune de ses brebis et il les
appelle chacune par son nom ». On oblige les curés à
résider dans leurs paroisses. Même plus que ça : on
décide qu’une paroisse ne doit pas dépasser 500 familles
ou 3000 personnes, car elle se doit de demeurer un
milieu de vie à taille humaine... ce qui amène la
multiplication des paroisses. À cette époque, il y a
beaucoup de prêtres, religieux, religieuses. Les
statistiques révèlent par exemple au Québec dans les
années 1940-1950, un prêtre, religieux, religieuse pour
environ 110 laïcs. L’Église est responsable à cette
époque non seulement des paroisses, mais du monde
scolaire, du monde hospitalier et de l’ensemble des
œuvres sociales et caritatives.
Puis arrive le concile Vatican II (1961-1965) : on
décrète que la paroisse n’est pas que le clergé qui en
est responsable, mais l’ensemble de la communauté
chrétienne : il faut donner des responsabilités réelles
aux laïcs. Cette nouvelle perspective de la pastorale
arrive en même temps que la « Révolution tranquille » où
le gouvernement décide d’assumer la coordination des
œuvres sociales ainsi que du monde hospitalier et
scolaire.
L’Église perd ses pouvoirs publics. Son influence
sociale diminue et les gens délaissent la pratique
religieuse dominicale. On crée l’esprit des services
pastoraux distincts : service de préparation au baptême,
service de préparation au mariage, service d’initiation
aux sacrements pour les jeunes, pastorale des malades,
pastorale liturgique... On commence à vivre une «
religion à la carte », c'est-à-dire qu’on fait appel à
un service précis de l’Église pour répondre à un besoin
particulier quand on a un besoin spécifique... comme on
choisit ce qui nous tente sur la carte des mets offerts
quand on va au restaurant.
Tout ceci amène la diminution des vocations
consacrées et l’obligation de fusionner les paroisses
moins nombreuses en unité paroissiale. Ceci amène aussi
l’animation pastorale par des équipes de pastorale où se
trouvent des prêtres qui travaillent en complicité avec
des laïcs, agent[e] de pastorale.
Notre prière en ce dimanche des vocations est une
prière de demande afin que Dieu nous envoie le personnel
nécessaire pour s’occuper du monde qui s’occupe du monde
: que Dieu nous donne des apôtres qui stimulent chaque
baptisé à développer leurs talents au service des
autres.
Notre prière est aussi une prière de reconnaissance
pour le rayonnement et la vitalité de notre Église qui
malgré le climat de suspicion créé par les médias
continue d’interpeller les valeurs de l’Évangile vécues
dans les petits gestes de chaque jour. |