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Permettez-moi de commencer ma réflexion d’aujourd’hui
avec ce fait réel tiré de la revue Chanteclerc,
septembre-octobre 1994 :
Un professeur de l’Université John Hopkins chargea un
groupe d’étudiants d’aller visiter une zone des taudis
d’une grande ville américaine. Il leur dit : « Prenez
deux cents garçons, entre douze et seize ans, faites des
recherches au sujet de leur milieu et prédisez ensuite
quelles sont leurs chances pour l’avenir. » Après
avoir consulté des statistiques sociales, après avoir
parlé aux garçons et réuni autant de données qu’ils le
purent, les étudiants conclurent que 90 % de ces garçons
passeraient un certain temps dans un pénitencier.
Vingt-cinq ans plus tard, un autre groupe d’étudiants
fut chargé de vérifier cette prédiction. Ils
retournèrent dans la zone des taudis et trouvèrent 180
des 200 garçons. Il apparut que quatre d’entre eux
seulement avaient fait de la prison. Comment se fait-il
que ces garçons qui avaient vécu dans un endroit propice
au crime soient parvenus à maturité avec si peu
d’antécédents judiciaires ? Chacun des garçons
questionnés fournit la même réponse : «Hé bien ! Il y
avait cette institutrice … »
Poussant leurs recherches, ils trouvèrent que 75 % des
cas faisaient mention de la même femme. Les étudiants
firent des recherches et trouvèrent cette institutrice
dans une maison de repos pour les enseignants à la
retraite.
Après les présentations vinrent les interrogations :
« Comment avait-elle exercé une influence aussi
remarquable sur les enfants des taudis ? Pouvait-elle
donner une raison pour laquelle ces garçons s’étaient
souvenus d’elle ? »
« Non »,
dit-elle. Non, elle ne voyait vraiment pas. Puis
revenant en arrière sur les années passées, elle dit
d’un ton rêveur, plus pour elle-même que pour ses
interrogateurs : « J’aimais ces garçons ».
Un sourire, un mot d’encouragement, un téléphone gratuit
et sécurisant, une écoute attentive … tout peut dire
Dieu. Si dans ta poche, tu portes un parfum fort et
musclé, inutile de le dire aux autres. Le parfum parle
déjà par lui-même. Notre meilleur enseignement sur Dieu,
c’est le parfum de notre agir.
Il y a des gens qu’on rencontre et juste leurs
comportements nous disent Dieu : ces gens vivent au
milieu de nous, comme chacun de nous, mais on ressent
chez eux un idéal élevé. Que Dieu nous guérisse d’être
du trop bon monde à qui on ne peut rien reprocher, mais
du monde sans saveur, sans odeur qu’on ne sent pas
habité par Dieu.
Faisons en sorte, dans les prochains jours, que ceux qui
nous connaissent et ne connaissent pas Dieu en viennent
à connaître Dieu parce qu’ils nous connaissent. |