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Le séjour au désert n’est pas planté là au milieu de la
vie de Jésus comme un événement anodin, un fait divers
pour étoffer une entrée en matière. Certainement pas.
Les hommes de la terre ont leur manière propre de se
préparer à la vie. Ils sortent de leur isolement. Ils
entrent à l’école, puis dans une autre, et une autre
encore. Ils s’entraînent par la formation. Ils mettent
dans leur tête tout ce que le monde peut contenir. Et
demain il faudra en mettre encore.
Ceux qui suivent Jésus ne font pas ça. Lui a commencé
par aller au désert.
Au désert on se vide. On se vide l’estomac, on se vide
la tête et ses folles préoccupations, même on vide son
cœur de ses amours.
Il l’a fait. Si tu veux être son disciple, tu dois faire
de même. « Si tu prétends servir le Seigneur,
prépare-toi à l’épreuve » Écli. 2, 1.
On ne va pas au désert pour le plaisir, d’ailleurs là,
il n’y en a pas.
On ne fait pas le vide pour le plaisir de faire le vide.
La nature a horreur du vide.
On fait le vide pour mettre autre chose cette fois. « Il
faut que je m’occupe des choses de mon Père » avait-il
dit à douze ans.
Se vider de ses tendances au repli sur soi-même. Se
vider de ses habitudes désagréables pour l’entourage. Se
vider de son amertume, de sa paresse, ou de son esprit
négatif, c’est tout une affaire ! Et le jeûne, ça fait
du vide. Les privations, le détachement, le partage et
l’aumône, ça fait du vide en grand!
Mais quand en soi-même on a fait le vide de la terre, le
ciel le remplit. Supprimez tout un continent, l’océan va
prendre sa place.
L’appel d’aujourd’hui vient du Jésus qui arrive du
désert. Qu’est-ce qu’il a mûri pour nous durant tout ce
temps? Sa marche vers la gloire implique d’abord le
rejet et la mort. Il le dira à Pierre en descendant du
Thabor, il le dira au jeune homme riche, il le dira à
tout le monde qui voudra être son disciple. Si tu veux
le suivre, prends ta part de la croix chaque jour, et
suis. Si tu fais comme lui, tu es promis à la gloire et
le ciel est pour toi. |