Cinquième dimanche du Carême - (Année A)
Semaine du 2 avril 2017

Grand papa est mort : Alléluia! S’exclame un enfant de 6 ans.

 

Une maman, bouleversée par la mort de son père, ne voulait pas infliger un traumatisme à son enfant de six ans en l’amenant au salon funéraire. Mais l’enfant y tenait! Sur mon avis, la mère accepta d’amener son fils. En commençant ma petite célébration, il m’est arrivé, par je ne sais trop quelle impulsion spontanée, de demander à l’enfant pourquoi il voulait tant voir son grand’papa. Avec une fraîcheur inoubliable, il dit spontanément: « Grand papa est mort, alléluia! ». Mais pourquoi, lui demandai-je, que tu dis « Alléluia », c’est un mot de joie. Et le petit Mario de me répondre: « Je suis content parce qu’il est avec Jésus ». Il avait retenu de son professeur de catéchèse qu’après la mort nous étions avec Jésus qui nous aime beaucoup! Quel grand théologien que ce jeune Mario de six ans. Je dois dire que cette parole d’enfant a fait faire beaucoup de chemin à plusieurs au salon et spécialement à ses parents. Il venait de nous dire ce que l’évangéliste saint Jean tente de nous faire comprendre dans ce récit de la résurrection de Lazare.

Quand on a la foi, la vie ne se termine pas avec la mort. J’entends souvent, lors de célébrations funéraires, des personnes témoigner de la vie du défunt et combien comme dirait Félix Leclerc : « C’est plein de vie dans la mort! » Ce n’est pas d’abord la résurrection de Lazare qui est importante en soi mais tout ce que ça dit de la Vie. Tous les acteurs dans le récit sont foncièrement interpellés dans leur vision de la Vie et Jésus lui-même vient dire avec force: « C’est pour qu’ils croient que tu m’as envoyé... » Un geste qui appelle la foi.

Mais Jésus appelle quelques personnes présentes à le délier de ses bandelettes. Ils deviennent partenaires de la vie. Quels gestes, quelles actions puis-je faire pour délier ceux et celles qui étouffent dans la vie parce qu’ils et elles sont pleins de bandelettes qui les empêchent de goûter pleinement la vie parce que leur foi est éteinte? « Viens dehors! » Cet appel dérange extrêmement. Mais quelle promesse de vie!

 


Texte de Maurice Comeau , prêtre

Proposé par l'Abbé Jacques Dorélien,
Prêtre-curé des paroisses Marie-Reine-des-Cœurs et Saint-Fabien