|
Une maman, bouleversée par la mort de son père, ne
voulait pas infliger un traumatisme à son enfant de six
ans en l’amenant au salon funéraire. Mais l’enfant y
tenait! Sur mon avis, la mère accepta d’amener son fils.
En commençant ma petite célébration, il m’est arrivé,
par je ne sais trop quelle impulsion spontanée, de
demander à l’enfant pourquoi il voulait tant voir son
grand’papa. Avec une fraîcheur inoubliable, il dit
spontanément: « Grand papa est mort, alléluia! ». Mais
pourquoi, lui demandai-je, que tu dis « Alléluia »,
c’est un mot de joie. Et le petit Mario de me répondre:
« Je suis content parce qu’il est avec Jésus ». Il avait
retenu de son professeur de catéchèse qu’après la mort
nous étions avec Jésus qui nous aime beaucoup! Quel
grand théologien que ce jeune Mario de six ans. Je dois
dire que cette parole d’enfant a fait faire beaucoup de
chemin à plusieurs au salon et spécialement à ses
parents. Il venait de nous dire ce que l’évangéliste
saint Jean tente de nous faire comprendre dans ce récit
de la résurrection de Lazare.
Quand on a la foi, la vie ne se termine pas avec la
mort. J’entends souvent, lors de célébrations
funéraires, des personnes témoigner de la vie du défunt
et combien comme dirait Félix Leclerc : « C’est plein de
vie dans la mort! » Ce n’est pas d’abord la résurrection
de Lazare qui est importante en soi mais tout ce que ça
dit de la Vie. Tous les acteurs dans le récit sont
foncièrement interpellés dans leur vision de la Vie et
Jésus lui-même vient dire avec force: « C’est pour
qu’ils croient que tu m’as envoyé... » Un geste qui
appelle la foi.
Mais Jésus appelle quelques personnes présentes à le
délier de ses bandelettes. Ils deviennent partenaires de
la vie. Quels gestes, quelles actions puis-je faire pour
délier ceux et celles qui étouffent dans la vie parce
qu’ils et elles sont pleins de bandelettes qui les
empêchent de goûter pleinement la vie parce que leur foi
est éteinte? « Viens dehors! » Cet appel dérange
extrêmement. Mais quelle promesse de vie! |